Actualidad La course 2007 Les commentaires de l'aquarelliste J-L Guy
Le Vademecum du raider !
Vous qui avez l'indulgence de lire cette rubrique, sans doute vous intéressez-vous au Rallye-raid? Peut-être même, brûlez-vous d'y participer vous même? Vous rêvez de devenir, à la fois, un nouveau Théodore Monod, le barde du désert et l'un de ces centaures chevauchant par dunes, pistes et ornières un monstre à deux ou quatre roues.
Mais vous avez les qualités requises pour vous lancer à l'asaut des pistes désertiques par plus de 40° à l'ombre ? Savez-vous, même, exactement quelles sont ces qualités rares?
Moi qui n'en ai aucune(dans ce domaine, du moins), je vais vous le dire :
Outre le permis de conduire qui peut servir, la première de toutes les qualités du raider c'est la rage de la mécanique. Si vous n'êtes pas fou d'amour pour le moindre boulon, la vis la plus insignifiante, le plus improbable bout de câblr de votre véhicule, oubliez le rallye-raid. Un test : essayez de participer à la conversation d'un groupe de ces furieux de la clé à molette. Dans le vacarme des assertions définitives (du genre le "G" est nul! le turbo, moi jamais§ le châssis long ou rien! du couple, encore du couple...) votre timide voix et vos affirmations hésitantes passent totalement inaperçues? Cela risque de poser problème§
Mais si vous avez passé brillamment tous ces tests, que vous vous êtes montré à la hauteur des plus hâbleurs, aussi bien en mécanique qu'en conduite tout terrain ou en navigation, il reste le plus important : l'humour.
Dans un milieu qui ne brille pas par l'indulgence ne laissez à personne le temps de faire rire à vos dépends : soyez le premier à vous moquer de vous! Ainsi, vous couperez l'herbe sous le pied des moqueurs et vous mettrez les rieurs de votre côté.
Bonnes pistes !
|
|
Última modificación ( 19.02.2007 )
|
|
|
Sous les étoiles exactement |
|
|
|
Quel est le vrai moment fort d'un rallye-raid ? Celui dont chaque participant se souvient pour toujours ?
Ce sont ni le départ ni l'arrivée qui sont le lot de toutes les compétitions de ce type. Ni, non plus, les honneurs dû au vainqueur, pas plus que la déception des malchanceux.
Les "moralistes" diront que c'est la légitime fierté de la tâche accomplie... Les "battants" préféreront le bras de fer roues contre roues, le coude à coude pour s'emparer du moindre centimètre de sable avant l'adversaire...
Les "bricoleurs du dimanche" vous parleront de leurs longues recherche pour trouver le coursier idéal. Ils vous raconteront les heures passées à débusquer sur le net la pièce indispensable. Les week-end engloutis, perceuses et fer à souder en main, à travailler le tableau de bord et à le surcharger des innombrables manettes, commutateurs et autres dispositifs sans lesquels il n'est pas de voiture vraiment "sexy"... Ils n'auront de cesse que chaque centimètre libre de la carrosserie soit orné, valorisé, décoré des stickers de leurs annonceurs. Ainsi, souvent une voiture de rallye rais se transforme en annexe des pages jaunes!
Bref, chacun trouve son plaisir et son bonheur où il peut. Mais il y a dans chaque course de rallye-raid un moment qui met tout le monde d'accord. Qui rassemble, quotidiennement, pour quelques heures, les caractères les plus antagonistes et les expérience les plus diverses : c'est le moment du bivouac, l'heure magique où les machines se taisent où les feux s'allument au pied des camions et des voitures.
Dans l'obscurité qui estompe tout, les groupes se forment, les tables se dressent, les cantines se vident, les bouchons sautent, les langues se délient et les exploits imaginaires ou réels s'envolent, avec la fumée, jusqu'aux étoiles du désert.
|
|
Última modificación ( 15.02.2007 )
|
|
|
Vous avez dit Mondialisation |
|
|
|
Nous sommes à Nara une petite ville du Malie ou, pour mieux dire, un gros village, à proximité de la frontière Mauritanienne.
Pour y arriver, des heures de piste, pour en repartir encore des heures de piste.
Aujourd'hui, c'est jour de marché et dans cette ambiance brûlante et grouillante, typique des villes du Sahel, tous les participants du Rallye Côte-Côte errent de ci et de là, qui à la recherche d'essence, qui d'une officine pour changer leurs CFA en Ouguiyas (la monnaie Mauritanienne), qui à se procurer un bout de pain, et, tous, à étancher une soif de 40°C.
Dans un coin reculé de la ville, je découvre un humble petit troquet, tranquille omme tout, pas trop frais, certes mais accueillant (serveuse pas causante mais mignonne !). A une table deux jeunes Maliens discutent devant une mière. On s'échange les politesses d'uage :"Bonjour, ça va bien? Ca va, ça va..."
L'un des deux parle un français parfait ce qui n'est pas rare au Mali mais à Nara!... On cause. Il travaille pour une ONG et vit ici, 11 mois par an et le douzième, il le passe en Bretagne, à Quimperlé exactement.
Ce garçon à l'air au courant de tout ce qui se passe dans le monde et en particulier de tous les détails des diverses campagnes éléctorale en France. On échange des idées et on parle à bâton rompu de la Bretagne, du Mans où il est passé, de Menilmantant et de Montrouge où il a habité.
J'ai absolument l'impréssion de parler avec mon voisin de camping ou de chambre d'hôtel dans une petite station du littoral français.
Mais nous sommes à Nara, une ville perdue dans la brousse du Nord Ouest du Mali, à quelques 6 000 kilomètres de Paris (ou de Quimperlé).
Si ce n'est pas cela aussi, la Mondialisation. Cela y ressemble beaucoup
|
|
|
Comme tous les enfants du monde |
|
|
|
Bosses, creux, trous, radiers effondrés, tôles ondulée... Depuis quatre ou cinq heures, nous traversons le Burkina Faso dans un nuage compact de poussière de latérite rouge. Autour de nous l'infini de la brousse africaine, ponctuée de loin en loin d'un petit village de pisé, de chaume et de paille dorée. Serge Potier (photographe du Rallye) recherche, comme toukours, l'angle idéal pour réussier. LA photo. On s'embusque dans un joli village à quelques mètres du puits où une dizaine de femmes s'affairent aux tâches quotidiennes.
Bientôt les enfants affluent par vagues toujours nombreuses. En riant ils se bousculent et s'agglutinent autour de nous. Serge s'éloigne d'une centaine de mètres pour être au plus près de la trajectoire des concurrents qui vont débouler à l'entrée de la spéciale chronométrée.
Pour tuer le temps je me décide à sortir mon matériel d'aquarelle. La petite foule des enfants grossie de nombreux adultes retient son souffle comme si j'étais un prestidigitateur en train de démarrer une séance de magie.
En fait, ce qui "sort" de mon chapeau n'a rien de magique, mais ça fait tout de même beaucoup d'effet. On se pousse du coude et on rigole en reconnaissant sur le dessin tel ou tel. Naïvement ça me touche de penser que le pinceau et le crayon, outils multimillénaires de la création, ne cédent en rien pour éveiller l'intérêt des enfants - en Afrique comme ailleurs - aux matériels sophistisués de la photo numérique du XXIe siècle.
D'ailleurs, à propos de ces villages de la brousse, je voudrais contester l'idée reçue de malheur, de misére et de souffrance que la bonne conscience occidentale attache automatiquement à la vie africaine et tout particulièrement aux enfants. Nulle part, peut-être, je n'ai vu de gaieté aussi spontanée, de décontraction aussi sincère et de joie de vivre aussi franche.
Pour les adultes comme pour les enfants, un rallye et à plus forte raison un rallye de régularité et non de vitesse, est d'abord une occasion de s'amuser, de rire, de s'étonner et, pourquoi pas, de se moquer de ces drôles de "toubabs"!
|
|
Última modificación ( 13.02.2007 )
|
|
Il est 5 heures, je ne sais pas si Paris s'éveille mais L'Hôtel Mercure Sarakawa de Lomé bourdonne comme une ruche en folie. Bruits de voix, de courses, de moteurs qui ronflent. Dans une heure, la caravane joyeuse et bariolée du 1er Rallye Côte-Côte Historique va s'élencer sur les pistes et routes, du Golfe de Guinée à Saint-Tropez.
Dans la cour de l'Hôtel, l'imminence du départ fait monter la pression et rappelle à l'adolescent manceau que j'étais dans les années 60 l'enivrant parfun d'huile de ricin des journées de pesage la veille de départ des 24 heures du Mans. D'accord, l'enjeu n'est pas tout à fait le même mais la passion des pilotes et l'excitation des spectateurs sont bien, également, au rendez-vous.
Départ ! Minutes après minutes, moto, 2 roues motrices, puis 4x4, s'arrachent les uns après les autres, sous les flashes et les applaudissements, pour deux semaines de crapahut et de plaisir.
C'est étonnant ce rêve d'insubmersible, d'évasion et d'aventures lointaines qui persiste malgré l'effacement progressif des frontières et la banalisation des voyages au long cours.
Le pharmacien de Carpentras, le garagiste d'Aix les Bains, le commercial de Nantes, tout comme l'ingénieur de Suisse de Belgique ou d'ailleurs se retrouvent à 8000 kilomètres de chez eux, pour partager des galères, des soucis mécaniques et des fatigues, qu'ils feraient n'importe quoi pour éviter dans le cours normal de leur vie "normale".
Ce doit être cela de rester jeune et vivant.
J-L GUY
|
|
Última modificación ( 13.02.2007 )
|
|
|
|