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Dans « Echappement » (la grande revue francophone du sport automobile au cours des années 70), un extrait du livre de bord de Jeff Lehalle, navigateur de François Turco à bord d’une Datsun 1600 SS très spéciale, alors qu’ils s’apprêtent à prendre le départ du 1er Rallye Côte-Côte Abidjan – Nice en 1975 : On ne part pas d’Abidjan sans avoir sacrifié au petit saut de la Djibi. La Djibi, c’est un parcours de 2-3 km tracé par Me Bertrand lui-même, qui regroupe à peu près toutes les difficultés d’un parcours pour motocross, y compris la fameuse bosse. La bosse, c’est le piège. Là, il ne faut pas faire de concession à l’exhibitionnisme, sinon c’est déjà faire encaisser à la voiture en quelques mètres, l’équivalent de centaines de kilomètres destructeurs.
Le classement de la Djibi est d’importance, car il détermine l’ordre de départ le lendemain matin.
La voiture est chargée ; et sacrément chargée, pensez-donc ! Un pont de rechange, 4 amortisseurs, 3 roues montées, 1 pneu, 1 alternateur, démonte-pneus, caisse à outils, cric, bougies, joint de culasse, courroie, triangle de suspension, bombe anticrevaison, batterie sèche, plaquettes de freins, les bagages, les « Nikkon », le tonnelet d’eau fraîche et une bouteille de Johnny Walker… D’un seul coup, la hauteur de la caisse à baissé de 5 cm et le volume habitable s’est considérablement restreint.
Aux petites heures du jour, à 6 h. 36 du matin, François enclenche, me jette un regard complice pendant que je cherche ma ceinture de sécurité, que je ne trouve pas et ne trouverai jamais, et c’est parti… Résumer la pensée du moment est impossible, car, en fait on ne pense à rien. Ce qui nous attend est trop immense dans le temps pour que l’on puisse embrasser d’un seul coup un futur pourtant presque immédiat.
Toujours dans « Echappement » de Janvier 1976 :
Extraits d’un article consacré à Jean-Claude Bertrand :
… C’était voici 4 ans. Le Bandama, personne en dehors de quelques férus de géographie, ne savait à quoi cela ressemblait. Un fleuve, indiquait l’Atlas, situé en Côte d’Ivoire, précisait-il. Grâce à Jean-Claude Bertrand, ce nom fut bientôt le symbole d’un fantastique rallye qui forgea sa renommée, et son entrée sur la scène internationale en 1973 en ne couronnant aucun vainqueur ! Personne n’avait atteint l’arrivée et les 100'000 F de prime furent reportés à l’année suivante.
L’année suivante, Hermann raflait la victoire et le chèque doublé…
Aujourd’hui, Jean-Claude Bertrand engage un nouveau pari : Un duel, motos contre autos sur 10'000 kilomètres à travers l’Afrique de l’Ouest, le Sahara, l’Algérie, le Maroc, l’Espagne avec pour terme l’arrivée à Nice. Ce rallye qui n’a pas fini de faire parler de lui, s’appelle : Rallye Côte d’Ivoire – Côte d’Azur !
Jean-Claude Bertrand ajoutait encore : L’esprit de ce rallye est différent. C’est le fruit d’une vieille idée. Je suis aussi à l’occasion un concurrent et je connais bien les efforts financiers qu’impose la participation à de grandes épreuves de ce type. J’essaye donc de minimiser les frais. S’il doit rester un seul rallye dans lequel un amateur a ses chances, ce sera celui-là !
Dans « Echappement » de Janvier 1979 :
Sous le titre de « Voyage au bout du rêve » traitant des organisateurs de quelques grands rallyes :
… On peut le considérer comme le père spirituel de ces grandes épreuves : Jean-Claude Bertrand, créateur au niveau international du Rallye du Bandama, depuis inscrit au Championnat du Monde, puis des célèbres Côte-Côte Abidjan – Nice, épreuves qui, il est vrai de le dire, suscitèrent quelques vocations d’organisateurs…
puis :
… Ancien pilote de rallyes et de circuits, Thierry Sabine, organise la 2ème édition du Paris-Dakar. Nul doute que son expérience dans le 2ème Côte-Côte Abidjan - Nice, qui faillit se terminer tragiquement pour lui (perdu en plein désert du Ténéré, il ne dut sa survie qu’à l’acharnement prodigué par Jean-Claude Bertrand à le retrouver) le motive pour mettre sur pied cette épreuve inspirée des précédents Abidjan – Nice. |