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Mohamed Djemili : « Momo »
Alors tant pis. Tant pis si l’on viole un sentiment aussi extrême. Tant pis si on trahit une douleur toujours aussi vive… Mais ce sont des océans de pleurs, cognant par vagues successives des bords des yeux sur les rivages des souvenirs qui répondent à cette simple question : Que vous a apporté Jean-Claude Bertrand ? Puis après un long moment de silence, quand Morhand (c’est Mohamed en langue berbère) Djemili, secoué par les sanglots finit par dire « C’était un grand frère. La moitié de moi-même. Il m’a appris, tout simplement, à être un homme ».
On aura compris à la mesure de la dimension du disparu, la densité de l’émotion chez ce gaillard de 48 ans, installé depuis toujours dans la région Lyonnaise dont il possède l’accent des gones. Et qui avait fait de Jean-Claude Bertrand, mieux qu’une icône : un modèle. « On s’était connu en 1984, grâce à un de ces neveux. Il organisait le Rallye d’Algérie, au sud de Tamanrasset, près de la frontière malienne. Il m’a demandé de venir avec lui. Je trimballais des journalistes ». C’était la première fois, à 24 ans qu’il foulait la terre natale de ses parents venus de El Eulma et qui avaient émigré en France. Depuis cette date une longue complicité entre les deux hommes et une foultitude de traversées du désert.
Un amour du continent africain, qui a donné l’idée à “Momo“ de prendre, lui aussi, des grands bols d’air, bien vitaminés à l’amitié pour la découverte et la rencontre. À Oullins, il s’occupe d’un centre de formation du pilotage en étroite relation avec la prévention et la sécurité routière. « Mais j’organise aussi des raids-randonnées 4x4, façon trek, en Libye, Tunisie, Algérie, Maroc. D’ailleurs je vous invite à venir me rejoindre sur mon site www.destination-dunes.com ». Et il y aurait aussi comme une fatalité pour que “Momo“ suive les traces de son inspirateur, marche dans les pas du glorieux disparu « Je suis ravi d’intégrer l’équipe de reconnaissances. J’ai de l’expérience, je connais les pistes et les sites ». À l’entendre c’est voir un dépliant publicitaire d’une agence de voyage spécialiste du nord du Mali et du sud de la Mauritanie. Il aura pour mission, en tant qu’ouvreur, de relever tout ce qui pourra simplifier la vie des concurrents. Il notera scrupuleusement les distances avec les villages où ils pourront faire de l’assistance, de l’essence, et remplir leur garde-manger . Bref tout ce qu’il faut savoir pour avoir une meilleure prospérité. Il parle d’abondance des endroits où le peloton passera « Il y a des endroits sublimes. À vous couper le souffle. Il faudra prendre le temps d’apprivoiser le temps ». Excité de retrouver des vieilles connaissances et d’en faire de nouvelles « dans l’exercice particulier de la régularité à bord de véhicules historiques ». Auxquels il souhaite quelques bonnes galères « Il en faut. Ce sont celles dont on se souviendra toujours. Ils doivent avoir envie de se faire plaisir, en se faisant violence dans l’approche du parcours ». “Momo“ se réjouit de ce retour aux sources « Les concurrents seront tous logés à la même enseigne ». Mais logeront aussi parfois dans un hôtel des courants d’air sous un ciel étoilé ! |
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Last Updated ( mardi, 03 janvier 2006 )
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