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Relu pour vous, cette parution dans « l’Echappement de mars 1974 ».
Un article signé par Vincent Laverne et Jean Lerust, dont le titre était « Les filles du désert, ou comment croire au mirage ».
Dont voici quelques passages
D’abord le « chapo » comme on dit dans le métier pour parler des phrases d’introduction.
Seize heures d’un après-midi de janvier à Monaco.
Il règne sur le Quai Albert 1er, une inhabituelle quiétude. Si les plombiers de la politique ne s’étaient pas emmêlé les clés au moment de résoudre leur problème de robinet au Moyen-Orient, le quai serait aujourd’hui empli d’une douce rumeur de moteurs, piaffant d’impatience de prendre le départ du Rallye de Monte Carlo. On n’aurait pas immolé au dieu Démagogie, le Monte Carlo, symbole des rallyes, afin que les « Monsieur Dupont » avalent mieux la pilule de la limitation à 120 km/heure sur les autoroutes dans les files de gauche.
Puis quelques passages du texte.
Soudain, au détour du quai, une voiture blanche à l’origine, pointe son nez agressif. C’est la Datsun 240Z de Jean-Claude Bertrand, le père du Rallye du Bandama et du raid Abidjan-Almeria-Monte Carlo qui trouve son terme sur ce quai. L’homme et son épouse sont souriants. La voiture semble en bon état. Hormis une poussière jaune sur le toit. On à peine à supposer qu¹elle vient de traverser une partie de l’Afrique et le Sahara.
Ce ne fut pourtant pas une promenade sur les quinze équipages au départ d’Abidjan, neuf ont atteint Monaco dont certains au volant de véhicules agonisants par tous leurs organes.
Instigateur de ce Raid, et vainqueur également, Jean-Claude Bertrand et Madame, ont voulu en même temps effectuer une première reconnaissance d’une épreuve de très grande dimension : la Panafricaine qui devrait voir le jour en 1976.
Derrière Bertrand, l’équipage classé second est Ivoirien. Tout du moins la voiture, une 404 Peugeot version Afrique avec la suspension renforcée et l’air conditionné. L’équipage est marseillais : Borde et Ferry se sont rencontré à Abidjan, où chacun d’eux travaillait. Décidés à revenir en France, ils ont profité du Raid pour effectuer le trajet par la route. Ils sont enchantés de leur voyage, la 404 n’a posé aucun problème. Leur chien, un griffon baptisé « Bandama » n’a jamais manifesté la moindre impatience.
Le Raid de Jean-Claude, est une chose, celui du Team Esso Aseptogyl en est une autre. Il s’agissait d’un raid exclusivement féminin. Six filles, Claudine Trautmann, Marianne Hoepfner, Charlotte Vernay, Marie-Pierre Palayer, Yveline Vanoni, Christine Dacremont.
Ces six filles devaient à bord de trois 504 Peugeot, rallier Paris à Abidjan, disputer le Rallye du Bandama (4000 km) et revenir à Monte Carlo par la route, soit un total de 28 000 kilomètres en quarante-trois jours !
Suivront les mésaventures de ces six filles dans le vent de l’aventure.
Le classement général : 1. J-C. Bertrand-C. Bertrand (Datsun 240 Z) ; 2. R. Borde-D. Ferry (Peugeot 404) ; 3. C. Dacremont-C. Vernay (Peugeot 504) ; 4. C. Trautmann-M-P Palayer (Peugeot 504) ; 5. M. Hoepfner-Y. Vanoni (Peugeot 504) ; 6. F. Turco (Datsun 1600 SS) ; 7. J-C. Briavoine-Zanone (Buggy Maland) ; 8. L. Buriot-C.Bourdiau (Saab 96) ; 9. J-F. Jaunet-R. Designaux (Saab 96).
Abandons : R. Herren-L. Muller (Opel Ascona) ; H. Poulain-J-C. Gamet (R12 Gordini) ;J. Tognoni-R. Kuss (Alfa Roméo) ; B. Belonie-A. Durce (BMW) ; M. Torterat (Simca 1100 Ti) ; B. Waterman (Ford Cortina)
Le parcours depuis Abidjan ? Bouaké, Niamey, Arlit, Tamanrasset, In Salah, El Golea, Fes, Algésiras, Malaga, Almeria, Alicante, Barcelone, Monte Carlo
L’Automobile Club de Monaco, et son président Michel Boéri, ravi d’accueillir ceux qui allaient devenir les pionniers des raids transsahariens, le célébrissime Rallye Monte Carlo, étant annulé à cause du premier choc pétrolier. " Nous avons été accueillis à bras ouverts " nous disait Jean-Claude Bertrand.
Certains et certaines d’entre eux étant au départ des autres épreuves organisées par JCB.
Nous vous en reparlerons.
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