Philippe Conso ? Un homme du bâtiment, c'est le cas de le dire. Dans sa vie professionnelle (à 68 ans, ce Niçois, né à Nice, est aujourd’hui à la retraite) était directeur des ventes dans une société spécialisée dans les machines destinées aux Travaux Publics.
Dans le sport automobile ? Il s'est construit, au fil des responsabilités, à la force de l’intelligence de l’esprit et de la lettre, un épatant savoir faire lors d'une longue et brillante carrière de dirigeant. Mieux : une réputation irréfutable. On verra pourquoi et comment. L’essentiel est de le faire savoir à tous ceux qui nous ferons confiance de nous rejoindre.
Parce qu'il a d'abord connu les frissons de la compétition, et la frousse de faire pêter des temps au volant d'une voiture de compétition. La sueur et le prix de l'effroi. "En 1958, j'étais pilote officiel NSU en compagnie de Gérard Larrousse et Bernard Darniche. J'allais beaucoup moins vite qu'eux, mais j'étais souvent à l'arrivée". Il sait donc, pour qui est chargé de gérer une manifestation sportive, les turbulences et les états d'âme des pilotes.
Jusqu'en 1971 « l'année de mon mariage », il sillonnera au volant de tous les types de voitures, les routes nationales et départementales, les chemins vicinaux aussi de la France, de Navarre et d'ailleurs. Avant d'être appelé à l'organisation des rallyes auprès d'Amédée Pavesi, au sein de l'ASA de Nice, dont il deviendra le président en 1972 (jusqu'en 1977).
"Quelques mois plus tard, je recevais Jean-Claude Bertrand, que je connaissais de réputation puisque je le savais organisateur du Rallye du Bandama. J'ai vu arriver à l'hôtel Plazza, un homme énergique, semblant toujours sous pression. Hirsute avec un bandeau rouge sur le front, me demandant prestement de lui trouver une spéciale sur terre dans le massif de l'Esterel pour faire arriver le Rallye Côte d'Ivoire-Côte d'Azur. La DDE, à l'époque était plus permissive qu'aujourd'hui, mais je n'ai pu le satisfaire. Les rescapés du désert arrivèrent donc en convoi sur la Promenade des Anglais. Et ce fut une fête mémorable. Je n'imaginais pas un seul instant que j'allais retrouver plus de trente ans après, avec le Côte-Côte Historique, un concept aussi novateur, original et philosophique qui a, à l’instant, pour vocation de perdurer".
Entre temps, Philippe Conso assura la direction de course des épreuves les plus prestigieuses, Tour de France Auto, Tour de Corse "et tous les rallyes nationaux où les organisateurs me confièrent cette lourde responsabilité".
De gros bonheurs "quand on aime, on ne compte pas, une année, j'ai été en première ligne durant 32 week-ends...".
Et de vrais malheurs "j'ai dirigé le Tour de Corse quand Bettega en 1985, Toivonen et Cresto en 1986, et Argenti en 1987, se tuèrent. Des drames dont il est bien difficile de se relever".
Mais la course doit continuer...
Entré au Comité Directeur de la FFSA, Philippe Conso, ces dernières années aura été sur le « Dakar » durant 5 ans "Trois au titre de directeur de course, et deux comme observateur. "J'ai beaucoup aimé cette période, cette ambiance particulière où tout le monde sur le bivouac était logé à la même enseigne. Mais j'étais devenu le petit homme qui infligeait les pénalités, mais qui n'avait guère d'influence sur le déroulement général du rallye géré par ASO".
C'est dire le coup de jeune qui le caresse, comme la main du rêve, à l'idée de devenir le directeur de course du Côte-Côte Historique "Il y a de la fraîcheur dans cet événement bien dans l'air du temps. Cette compétition correspond à un besoin. En Europe, les courses sont enfermées dans des réglementations draconiennes. Le cadre de vie a changé. L'automobile n'a plus la même aura qu'il y a 50 ans. Il n'est qu'à constater le formidable intérêt que suscite le Rallye Monte Carlo Historique, pour mesurer la curiosité et l'envie des gens de venir retrouver rêve ou jeunesse, dans un autre espace. Et l'Afrique est la seule à offrir un grand bol d'oxygène".
Et ravi de retrouver Patrick Tambay qu'il connaît, depuis tant d'années "le remerciant déjà de la confiance qu'il me témoigne. J'apprécie Patrick depuis si longtemps. J'étais membre de l'équipe de France universitaire de ski, alors que lui était prodigieusement doué skis aux pieds et prêt à faire une grande carrière avant que le démon du sport automobile".
Avec des différences fondamentales dans son exercice d'autorité sportive "Il ne s'agit pas d'une course de vitesse où les consignes sont strictes au niveau de l'itinéraire, dans le respect des points GPS. Avec un règlement, qui ne permet pas de repêcher des engagés en proie à des problèmes mécaniques. Là, on est dans la régularité, avec des moyennes humaines (50 km/heure) à respecter dans le cadre d'une compétition, qui doit se nourrir de plaisirs, mais encore de galères, sera bien sûr plus cool. Si l'on pouvait ramener le plus près de 100 % de voitures à l'arrivée, ce serait super".
Mais il n'est pas sans prévenir "Attention, il s'agit d'un sport mécanique, dans lequel on n'est pas à l'abri d'un accident corporel, même si la notion de vitesse n'a pas lieu d'être. C'est l'Afrique, c'est immense, c'est beau, mais c'est piégeux. Pour ce qui nous concerne, nous serons très vigilants sur tout ce qui concerne la sécurité. Nous avons pour vocation et ambition de donner une belle image de l’épreuve".
Pour l'heure Philippe Conso est rivé à son ordinateur, afin de rédiger dans les meilleurs délais, le règlement général et le règlement particulier "pour une nouvelle génération de rallye qui s'ouvre".
Cette confidence "nous voulons être en phase avec ce que préconisait Jean-Claude Bertrand qui exigeait comme une nécessité absolue la liberté de choix du véhicule. Sous réserve, pour nous qu'il ait plus de 20 ans d'âge. Tout ce qui roule, comme il disait de 2 à 10 roues. Nous serons conforme à cet esprit de liberté. Mais il est bien évident que ces véhicules, qui, par exemple, à l'époque ne possédaient pas de ceintures de sécurité, devront se conformer à la réglementation internationale en respect du code de la route". Ne pas oublier que la remontée s’effectuera par l’Espagne et la France.
Ravi encore de voir cette confrontation en pistes entre autos, motos et camions "C'est d'autant mieux, d'où l'équité totale, que chacun aura la même moyenne horaire à respecter. Sous peine de pénalités... et de mise hors course. Car si la réglementation sera plus soft, elle est nécessairement obligatoire à respecter, d'où un appel au sens des responsabilités de chacun, puisqu'il s'agit d'une épreuve sportive, et non pas d'un convoi de passagers en goguette".
Voilà qui méritait d’être dit.
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