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Tant de sincérité, tant d'authenticité, tant de volupté aussi dans la démarche !
Ainsi, le 29 mars, sac à dos bourré de sensations, Alain Grosman et ses intimes, depuis Agades iront camper près du Ténéré. Mais pour quoi faire ? "Pour voir une éclipse solaire qui sera d'une époustouflante beauté" dit-il. Les mots sont effusion. Et il y a du charnel dans cet appel du désert. Une éclipse qui ne durera que le temps fugitif d'une éclipse, mais qui aura valeur de souvenirs pour l'éternité.
Jeune homme, l'Afrique pour Alain Grosman aujourd'hui 45 ans, c'était des vacances familiales au Maroc, au Sénégal, et ailleurs. Du banal presque, avec des épisodes bronzés sur tranches de jeunesse. Avant cette crise d'amour, qui ne cesse depuis, de lui piquer l'épiderme et d'avoir le coeur chaviré à la rencontre de l'autre dans ce continent d'amour.
"Je connaissais Thierry Sabine, puisqu'on était dans la même école des attachés de presse de Paris. Il m'a embarqué durant 7 ans, dans cette aventure du Dakar".
Amusé, il dit à l'instant "À l'époque, on était une demi-douzaine dans la gestion d'une dizaine de manifestations par an". Il était comme ses potes hommes à tout faire. Dans le cambouis des galères, ou dans la soie des palaces pour des relations publiques.
Alain Grosman a aussi très tôt, créé sa boîte de com' : GAO. N'y voyez pas de malice, et n'y lisez pas Grosman Alain Organisation "GAO, c'est tout simplement le joli nom d'une belle ville du Mali sur le fleuve Niger" dit-il avec humour.
C'est aussi l'homme des opérations fortes qui viennent des tripes, pour un jeune homme qui ne manque pas d'estomac. D'audace donc. Ainsi, car en inventif, en 1990, sur le Dakar, il avait créé l' « Opération Biberon ». "Il s'agissait pour le compte de Feu Vert, d'organiser une manifestation destinée aux jeunes conducteurs. On avait choisi deux jeunes, Christophe et Patrick qui n'avaient pas six mois de permis de conduire. On avait trouvé une Toyota HZJ73 qu'on leur a fait démonter en pièces détachées pour la remonter durant une semaine dans un garage de Meaux. Puis un stage de compréhension de la course auprès de Mano Dayak à Agades. Ils avaient terminé le Dakar à la 47e place, devant des cadors. Preuve que lorsque l’on s’en donne les moyens, on peut le faire".
Amusé encore, et c'est le businessman qui parle "J'avais bien sûr organisé un service de presse autour de cet événement. Les journalistes avaient reçu, en même temps qu'une invitation, un biberon rempli de sable du Ténéré. Il y a eu l'équivalent de 3 millions de francs de retombées presse, c'était colossal".
Autre manifestation, cette fois-ci plus intime, moins spectaculaire pour le grand public, mais tellement forte. Il raconte avec des tonnes de bonheur dans la voix. "J'ai créé l'école du désert, il y a 14 ans. Ces derniers mois, avec la complicité très agissante de l'enseigne CORA, on a embarqué, et l’on n’est pas parti « banzaï », 75 enfants de 11 à 13 ans pour le Burkina Faso, afin de distribuer 7 tonnes de matériel scolaire pour les enfants burkinabés. Quarante véhicules 4x4, 200 personnes dans la caravane, j'ai la prétention de dire qu'on a rendu ces enfants différents". Vous dire aussi que les ministères nationaux, dont le Quai d'Orsay et l'Education Nationale, ne sont pas insensibles à cette formidable opération humanitaire.
Alain Grosman parle de ces enfants "parce qu'ils nous apportent des témoignages édifiants au contact des petits Africains" avec une sorte de délectation paternelle et fraternelle "Durant ces séjours, on leur ouvre les yeux. Dans leurs cerveaux, il y avait une case éteinte et désormais bien allumée. J'ai la prétention de dire que ça change leur vie. Et ça bouleverse à chaque fois la nôtre".
Il a encore ce joli mot. "L'opération s'appelle l'école du désert. Il vaudrait, finalement mieux dire, l'école de la vie".
Et le Côte-Côte Historique nous direz-vous? "Là encore une affaire d'affection. J'ai bien sûr connu Patrick Tambay sur le Dakar, et nous avions organisé ensemble des manifestations autour du golf. D'où une solide amitié".
Ravi de rejoindre l'équipe et un rallye qui tient à coeur, à raison et aux souvenirs "J'ai encore en mémoire des photos et des textes parus dans VSD. C'est Jean-Claude Bertrand qui est l'inventeur de cette magie des rencontres avec l'Afrique. Qui connaîtrait aujourd'hui le Ténéré ? Sans celui qui a généré tant de rêves et fantasmes pour des sites devenus aujourd'hui plus familiers".
Alain Grosman se retrouve "et cette histoire me plaît beaucoup" dans le Côte-Côte Historique "Parce qu'il sera à dimension humaine. Parce qu'il transpire la passion, la sincérité et la simplicité. Des valeurs qu'on ne retrouve plus dans d'autres épreuves. Il faut réussir à maintenir cet esprit qui n'existe pas ailleurs". On sent très bien ce qu'il veut dire...
Chargé des relations extérieures dites-nous ? "Mon expérience vécue sur le terrain me fait dire que l'Afrique, ce n’est pas compliqué. Avec les gens, c'est oui, ou c'est non. Contrairement à ce qu'on peut penser, il n'y a pas tant de lenteurs administratives. Et les portes sont toujours largement ouvertes".
Ces prochaines semaines, d'abord au Togo puis au Burkina Faso, en compagnie de Christian Dervieux, Alain Grosman enfourchera fraîcheur et exaltation et continuera au grand galop cette course absolue sur des terrains si propices aux émotions.
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