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Une "flèche" plantée dans l'atlantique
Le Togo, un des plus petits états d'Afrique, est comme une longue lance pointée dans les eaux tumultueuses du golfe du Bénin. Etiré dans le sens sud-nord sur un peu plus de 550 kilomètres, cet état de près de 6 millions d'habitants, ne dépasse pas les 130 bornes dans sa partie la plus large... ce qui fait sur la balance par tout à fait 56 800 Km².
Du cocotier ... au baobab
Un des avantages de cette configuration est que lorsqu'on circule dans le pays en partant des eaux bleues de l'Atlantique pour remonter vers le nord, on franchit plusieurs strates climatiques donc plusieurs types de couvert végétal.
Tout au sud, en bordure de la plage de sable, avec la barre au fond des yeux qui soulève des tonnes d'écume blanche, bien difficile à franchir pour les marins dans leurs frêles esquifs en bois coloré, on est bercé par le vent qui s'amuse dans les branches des cocotiers.
Dès les premiers kilomètres de l'arrière pays, on attaque un relief collinaire boisé, la végétation prend de l'ampleur, avec de belles forêts de tecks monumentaux. En restant proche de la frontière avec le Ghana, on continue à prendre de l'altitude; à hauteur de Kpalimé on est à deux tours de roue du Mont Agou, le sommet du pays qui gratouille les pieds du Bon Dieu du haut de ses 986 mètres. On est au royaume des très grands arbres, ceux qui font la réputation des fôrets tropicales, comme l'Iroko. On est aussi au pays du café.
En remontant toujours plus au nord, lentement le climat change : moins humide, il ne permet plus à une végétation luxuriante de s'épanouir. les reliefs s'estompent à leur tour, on entre dans une grande région de plaines arides, une grande savane où le baobab est roi !
Un Kaléidoscope ethnique
La population togolaise ne date pas d'hier; on a retrouvé en effet des meules et des pierres taillées dans le nord du pays. cette population active a su travailler le fer assez tôt : des traces d'anciens fourneaux et de scories prouvent que l'activité métallurgique existait depuis longtemps dans le centre du pays. Aujourd'hui on sait que les forgerons travaillaient le fer extrait des minerais de la région. Certains hauts fourneaux de 3 à 4 m de hauteur servaient aux Bassari à fabriquer des armes et des outils, une activité soutenue qui a été active jusqu'à l'indépendance du pays, en avril 1960.
Les Bassari, les Tamberma, les Kabye... sont les tribus que l'on retrouve dans les montagnes; des populations qui se sont réfugiées suite aux évènements qui vont totalement déstabiliser l'Afrique noire : la traite des Noirs, l'arrivée des armes à feu et celle des commerçnts arabes qui lentement mais inexorablement vont islamiser les savanes du nord. A l'abri dans ces montagnes à forte densité de végétation, ces tribus vont résister aux razzias.
Dans le nors du pays, les Gourma ont été les premiers à honorer Allah. On les retrouve en compagnie des Kotokoli et des Tyokossi.
Dans le sud enfin, ce sont essentiellement des populations venues du Bénin actuel qui s'installent à proximité de l'océan, à partir du 15è siècle, par vague successives; c'est l'arrivée des Portugais qui mettra un terme à cette immigration.
Et puis il y a les Ewés, installés dans la région de Tado près de Notsé. Pour protéger cette population importante, leur roi Agokoli fit construire autour de Notsé une muraille faite d'argile et de sang. Mais au 17è siècle, les Ewés trop nombreux furent obligés de quitter leur ville et de s'expatrier vers l'ouest en direction de la rive gauche de la Volta.
Le Togo nouveau est arrivé !
Aujourd'hui près de la moitié de la population se concentre dans les villes; Lomé la capitale accueillait à elle-seule près de 800 000 habitants en 2006.
L'activité économique du pays tourne autour de l'agriculture, notamment des cultures vivrières qui font travailler les deux tiers de la population. Le reste de l'agriculture s'appuie sur le cacao, le café et le coton.
Mais la grande richesse du Togo, c'est le phosphate, cette production minière lui donne la 5è place au niveau mondial.
Enfin dernier pôle économique de plus en plus important : l'activité portuaire de Lomé qui bénéficie du statut de zone franche. Lomé est le seul débouché maritime du Togo mais aussi du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Son activité a été particulièrement boostée ces dernièresannées suite aux événements de Côte d'Ivoire. En quelques années Lomé est devenu la plate-forme portuaire de toute l'Afrique de l'Ouest.
Après des années "difficiles" le Togo a retrouvé un équilibre politique qui lui permet de renouer les instances internationales. Ainsi aujourd'hui le pays est membre du Comité economique des Etats d'Afrique de l'Ouest et de l'Union Economique et Monétaire de l'Afrique de l'Ouest.
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